Même si beaucoup de notions colorimétriques commencent à être comprise durant le 19e siècle, des concepts restent encore obscurs comme le gamut de l'espace colorimétrique qu'on n'arrive pas encore à cerner. Le gamut (ou gamme de couleurs en français) représente la périphérie d'un espace couleur, ses limites définies par les couleurs le plus saturées.
Dès 1860, Hermann von Helmholtz va essayer de présenter un espace colorimétrique dont le gamut est clairement défini. Son challenge est d'essayer de réunir, d'une part, les avancées apportées par Newton avec son cercle représentant une gamme de couleur très saturées correspondant au spectre de la lumière, et d'autre part, les avancées apportées par Maxwell avec notamment la notation des couleurs à l'intérieur de son triangle. Dans un premier temps, il propose un système basé sur les couleurs spectrales qu'il dispose en demi cercle. il essaye de tenir compte du fait que certaines couleurs comme le jaune sont visuellement plus proche du blanc. Le mélange de violet et de jaune qui donne le blanc, engendre un point d'équilibre plus proche du jaune.
Fig.1. Dans ce modèle, ce sont les couleurs spectrales qui donnent les limites du diagramme, le Spectrum Locus.
L'espace est coupé par une ligne droite car la couleur violette et la couleur rouge sont les 2 couleurs de l'extrémité du spectre. Le système comporte 5 couleurs primaires correspondant aux couleurs spectrales (spectrum locus) qui donnent cette forme arrondie au modèle. Le gamut est défini mais le système n'est pas compatible avec le triangle de maxwell
Fig. 2. Dans ce modèle, Le gamut est toujours représenté par le Spectrum Locus, mais on se rapproche de la conception du triangle de Maxwell puisque la totalité des couleurs sont pris en compte dans un triangle dont la composante A n'est pourtant pas clairement définie.
Puis Helmholtz va abandonner cette première conception pour ce tourner vers un modèle dérivé du triangle de Maxwell car à cette époque seule la théorie trichromatique semblait apporter les bonnes réponses. Ces recherches s'orientent vers un triangle idéal qui englobe toutes les couleurs du spectre. Il remplace la couleur verte du triangle de Maxwell par une autre nommée A, plus haut perchée qui permet d'englober la totalité du gamut. Cette nouvelle primaire verte est une couleur virtuelle car située en dehors des couleurs visibles. Pour être prise en compte par le triangle de maxwell, il faudrait lui attribuer des valeurs négatives. Même si tous les tenants et aboutissants ne sont pas clairement expliqués, on entre-aperçoit déjà la construction d'un espace colorimétrique moderne.